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Rickon ▬ Dance with the devil

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Genesis H. Slyfiter
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MessageSujet: Rickon ▬ Dance with the devil Mar 10 Juin - 15:02

Rickon & Genesis
Lorsque le mal s'insinue en l'homme, c'est un poison qui se distille, il n'est bientôt plus possible de le drainer. Tout ce qu'il faut faire c'est l'écarter au plus vite des autres avant qu'il ne propage son propre venin. Le mal est contagieux, ma chère, et nous en sommes les porteurs.



Ses prunelles étaient d'un vert presque opaque, il l'a toisé du haut de son mètre soixante-dix à tout casser, l'homme avait un visage ingrat, pâle, cerné comme un mort revenu d'outre tombe et pourtant elle pouvait sentir la vie dans son regard. Non. C'était une lueur plus chaude, presque brûlante. Oui. Il se consumait de l'intérieur. Genesis imaginait les organes internes de l'homme qui se tordait de souffrance, entourés par ce mal qu'il incarnait, ce mal qu'il proclamait. Elle fut parcourue d'un long frisson qui longea toute sa colonne vertébrale tandis qu'elle croisa ses jambes pour la troisième fois en deux heures. Dans la salle blanche, seul le tic-tac de l'horloge coupait ce silence observatoire qui s'était installé depuis plusieurs heures déjà. Le regard azur de la jeune femme se porta, désormais, sur les stigmates du mal que cet homme s'était affligé lui-même, des croix inversés, signe d'un culte qu'il vouait à un diable qui n'existait pas. Genesis ne croyait ni en dieu, ni au diable, pour elle, ces deux êtres n'étaient que la simple image d'un caprice humain, qui permettait aux plus fragiles de s'accrocher pour ne pas flancher. Idiote c'est ce que tu fais toi-même, sauf que c'est avec ton job, la preuve, tu devrais être en repos et au lieu de ça...

Au lieu de ça, non satisfaite de n'avoir eu que quelques heures de sommeil la veille, d'avoir fuit sa propre maison, son lieu stable, elle avait passé toute la mâtiné à l'intérieur de sa voiture, sans rien faire d'autre que d'observer ses mails sur son Iphone. Dans l'espoir d'entendre sa voix ou de lire ses mots. Mais rien. Rien depuis ce déchirement, ces mots incompréhensibles qu'il avait prononcé en la laissant seule dans une chambre trop propre, trop vide, trop blanche. Il lui manquait. Elle l'aimait. Il avait fallu une dispute avec sa meilleure amie pour qu'elle ose s'avouer à elle-même que l'être tordu et incompréhensible qu'était Rickon McHelligot était tout ce pour quoi elle vivait à présent, dans toute sa perfection et son imperfection. Ce n'était pas le moment. Si elle était ici c'était pour oublier l'espace d'un instant qu'il lui manquait. Genesis plissa ses paupières afin de plonger son regard sur les photos disposées devant elle. Calmement, elle les poussa en direction du malade mentale qui se trouvait face à elle. «-Votre fille. Hanna...c'est bien vous qui lui avez fait ces stigmates sur son front. » Hanna. Comme elle, elle soupira intérieurement. Le visage de l'homme s'était soudainement allumé d'une flamme savoureuse. Un sourire carnassier qui laissait entrevoir une paire de canine jaunît par le tabac. D'un souffle morbide, il murmura. «-C'est pour l'offrir au maître...» Au diable, pensait-elle tout bas. La blonde vit qu'il était l'heure. Elle n'en tirait rien de plus pour aujourd'hui. Elle se leva, suivi par les prunelles pommes du malade. Dérangeant. Elle fit glisser les photographies dans sa pochette en carton et laissa faire les infirmiers qui étaient entrés depuis plusieurs minutes déjà. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre, à peine dix heures du matin. Genesis secoua son visage lentement, agacé. Le temps passait plus lentement, trop lentement même. Elle avait encore de longues heures devant elle et si peu de choses à faire.

Il lui fallait un café, elle se faufilait au milieu de la foule hystérique de malades et d'infirmiers. Tous couraient, marchaient, hurlaient, parlaient comme une sorte de rituel. Une habitude. Un routine qui s'était encré dans leurs ADN, travailler était quelque chose de vitale, une sorte de sublimation de la personne, même si ce travail était merdique, rabaissant, qu'on aurait jamais la promotion qu'on voulait, tous espéraient qu'un jour ils vivraient ce grand rêve de richesse. Que les bulles de champagnes à plus de mille dollars la bouteille inonderaient leur gosiers. Elle souriait, d'un sourire mutin, s'étonnant elle-même de sa capacité à sourire aussi facilement ces derniers jours. Comme-ci elle s'était lavée d'une douleur qui finirait par reprendre le dessus, mais qui pour le moment se faisait silencieuse. Elle sentit son coeur s'arrêter pendant une demie seconde, lorsque ses yeux azurs, presque translucides se posèrent sur l'homme qui se trouvait face à elle. Comme une âme sans vie, elle pouvait sentir quelque chose de différent chez lui. Quelque chose de brisé, d'explosé en mille morceaux. Son coeur. D'un pas pressé, dans son tailleur noir, elle s'élança jusqu'à lui, les traits de son visage étaient tendus, comme les siens d'ailleurs. Elle déposa sa pochette en carton sur le haut de la machine à café et comme-ci son corps hurlait à l'urgence. Elle posa ses doigts sur la joue de Rickon, cherchant du regard ses yeux brillants d'un bleu, mais elle n'y trouva rien d'autre que le vide. «-Rickon ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Est-ce que ça va ? Rickon...Rickon, tu m'entends... » Il semblait ailleurs, dans un autre monde. Dans un monde qu'elle ne pouvait atteindre avec des mots, dans un monde sombre et sale. Un monde qui liait ces deux êtres que tout séparaient. Une cicatrice enfouie dans les profondeurs des abysses. Elle posa sa main libre sur l'épaule brûlante, pour ne pas dire bouillante du jeune homme. Le coeur de Genesis avait mal, encore plus mal qu'avant. Elle murmura, d'une voix faible presque étouffée par ses propres pensées. «-Dis quelque chose... » Une supplication, car mille questions tournaient dans la tête de Genesis, encore une fois, elle comprenait qu'elle ignorait tout de lui, de ses démons, de ses souffrances, de ses peurs. Elle ignorait que le même démon les poursuivaient dans l'ombre guettant le meilleur moment, la bonne occasion pour les dévorer ensemble. Une même cicatrice, une même souffrance, un seul monstre et deux êtres tordus.
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MessageSujet: Re: Rickon ▬ Dance with the devil Mer 11 Juin - 22:40

 » Dance with the devil
 

« Je veux que tu promettes une chose. Si tu aimes quelqu'un, dis-lui. Même si tu as peur que ce ne soit pas une bonne chose même si tu as peur que ça te cause des problèmes, même si tu as peur que ça te détruise la vie, tu le dis et tu le dis fort. »



                    Ca faisait déjà une bonne heure que j’me tenais là, assis à côté d’elle, ma main dans la sienne. Les rides présentes sur sa paume tentaient de marquer le fait que ça faisait déjà un bon bout de temps qu’elle était cloitrée dans cette chambre. Elle ne disait pas grand chose mais la sueur apparente sur son front ne laissait rien présager de bon. Les médecins aimaient croire que son heure était déjà passée depuis longtemps. Qu’il fallait l’emmener autre part qu’ici. La laisser mourir dans de bonnes conditions qu’ils disaient. Les salauds, et j’aurai été quel genre de fils hein ? Si je ne gardais pas cet infime espoir qu’il y ait des chances qu’un jour, elle retrouve toute sa tête et qu’on puisse enfin partager quelques moments de bonheurs. Rien que nous deux. Rattraper ses années volées, c’était peut être un peu trop demandé finalement.

J’me suis levé pour aller chercher un café, histoire de tenir éveillé encore un peu, mais lorsque mes doigts quitta les siens, une forte pression se fit ressentir sur mon poignet. Instinctivement j’me suis retourné. Ce que j’ai vu à ce moment là, je ne le souhaite à personne... Son visage était des plus difformes, ses yeux rougies trahissait une peur certaine. Mais de quoi au juste ? Si seulement j’en avais la moindre foutue idée, peut être qu’elle aurait pu guérir depuis longtemps. Sa bouche grande ouverte tentait tant bien que mal de parler. Ses longs cheveux grisonnant étaient remplie de sueur. Et sa voix tremblait comme jamais : « Ri... Rickon ? » Plissant les yeux j’me suis rapproché de son visage. Abattu, inquiet, je glissais de nouveau ma main dans la sienne afin de lui faire comprendre qu’elle n’était pas seule dans ce monde de dingue qui était le sien, et par la même occasion le miens.
« Je suis là maman. T’en fais pas ca va aller. J’vais appeler un médecin, d’accord ? »
J’sais pas pourquoi elle réagissait ainsi, ni même pourquoi lorsque j’avais prononcé le mot « médecin » elle m’avait retenue encore un peu plus. J’ne connaissais quasiment rien de ses démons, ni même ce qui avait pu déclencher cet accès de terreur chez elle. Tout ce que j’en pensais, c’est qu’elle avait du souffrir pour perdre tout ce qui faisait d’elle une femme souriante. Terriblement. « Il va revenir... Tu le sais n’est ce pas ? Qu’il reviendra... » Au fur et à mesure qu’elle enchainait les mots, sa voix avait tendance à s’affaiblir. Comme si ce monstre avait une emprise des plus fortes sur elle. Las de cette situation, je passais une main dans mes cheveux en désordre. Et pour la énième fois depuis plus de vingt ans, j’allais de nouveau poser cette question qui me déchirait atrocement le coeur.
« Qui ça maman ? Qui va revenir ? »
J’avais beau être faible face à cette situation, j’ne la lâchais pas pour autant du regard. J’savais qu’au fond d’elle, elle s’accrochait à ça comme à la seule chose qui lui permettait de rester encore à demi consciente. Si seulement elle pouvait sortir un putain de nom. N’importe lequel... « Je t’en prie Rickon, sauve toi... » Cette fois elle avait crié. Comme si elle avait vécu de nouveau une scène des plus affreuses. Instinctivement, ma main glissa sur mon dos. J’avais beau le nier, j’savais que la longue cicatrice qui me barrait le dos avait un lien avec tout ça. Mais quoi ? J’m’étais rapproché davantage d’elle, une de mes mains lui caressant les cheveux.
« Je t’en prie dis moi qui ! »
J’avais également haussé le ton. J’en pouvais plus de tout ça. De ces scènes à répétitions, comme si elle était totalement figée dans le temps. Les cris avaient sans doute alarmé les médecins car ces derniers ont rappliqué plus vite que l’éclair pour lui administrer une nouvelle dose de morphine. Quels enflures ! L’expressions des sentiments et du corps ils savaient ce que c’était au moins ? Révolté j’n’ai pu m’empêcher de leur balancer à la gueule leurs quatre vérités.
« Bande d’incapables ! Si vous n’étiez pas 24h/24 en train de lui administrer une tonne de médocs  peut être qu’elle irait mieux depuis le temps ! »
Mes poings s’étaient refermés, signe qu’il valait mieux que j’m’écarte d’eux s’ils ne voulaient pas avoir besoin d’appeler un brancard. D’après eux j’me tenais trop près du personnel, et ils n’ont pas manqué d’me le faire savoir. « Monsieur, si vous ne voulez pas être interdit de visite, je vous conseil vivement de sortir d’ici. Immédiatement ». On leur avait certainement apprit cette phrase par coeur à débiter au premier idiot qui s’emportait trop facilement. Sur le coup j’ai regardé une dernière fois ma mère, puis j’ai foudroyé du regard celui qui semblait être le chef médecin avant de lui présenter mon majeur bien comme il se doit. Ca valait ce que ça valait, mais ils pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient, personne n’allait m’empêcher de voir ma mère. Puis je suis sortie.
D’un coup mon être tout entier venait de se relâcher. Mon coeur réapprenait ses mouvements naturels et mes mains se mirent à trembler. J’me suis collé au mur, le froid de la cloison m’apaisa quelque peu. Me ramenant lentement à la réalité qu’était ma vie. J’avais grandement besoin d’un café. Et d’une clope par la même occasion. Frottant une dernière fois mon visage à l’aide de mes mains tremblotantes, j’me suis dirigé vers la salle de repos la plus proche. J’ai sortie une ou deux pièces de la poche d’mon jean avant de m’apercevoir qu’une feuille blanche mentionnant le mot « HS » obstruait le choix des boissons. D’un violent coup mon poing partit tout seul avant d’atterrir dans la machine. Il épousait désormais à la perfection la bosse que j’venais de réaliser.
« Qu’ils aillent tous se faire foutre »
Ca j’me l’étais murmuré bien plus pour moi même que pour ces pauvres gens, qui inquiet, s’étaient levés afin de quitter précipitamment la pièce. La douleur qui se répercutait le long d’mon bras me fit, étrangement, le plus grand bien. Jusqu’à ce qu’un mince filet de sang ne vienne couler le long de mes jointures. Mon regard ne quittait plus des yeux cette couleur rougeâtre. Puis j’entendis sa voix... Ce fut ce rayon de soleil parmi les nuages. J’imaginais alors son visage, son sourire, ses yeux qui en un instant étaient capable d’me faire changer d’avis. J’la voyais courir dans ma direction. C’était apaisant. Généralement j’aimais pas rêvé, mais là... C’était exquis. «-Rickon ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Est-ce que ça va ? Rickon...Rickon, tu m'entends... » J’étais incapable de quitter ma vision de cet utopie. Et même si je n’arrivais pas à sourire, dans le fond j’étais le plus parfait des nigauds. J’me rendais bien compte que j’arrivais presque à la toucher. Jusqu’à ce que ce soit elle qui posa sa main sur mon épaule.  Là, mon coeur manqua un bond. Satané sentiments. Mais c’était si bon... «-Dis quelque chose... » C’est là que j’ai réalisé que finalement ce n’était pas qu’un rêve... Génésis se tenait bel et bien devant moi. Inquiète à n’en plus finir. Revenant subitement vers la réalité j’me suis de nouveau sentit défaillir. Les vertiges qui prenaient place étaient de plus en plus violent. Et alors j’me suis écroulé, la tête la première sur son épaule. J’me suis blotti contre son corps et j’ai enfoui mon visage dans le creux de son cou. Elle sentait si bon...  J’arrivais même pas a dégoiser un seul mot. J’men voulait terriblement de l’avoir faite souffrir. Si j’la perdais, je perdais tout... Comment pouvait-on être aussi con ? Mon souffle était anormalement fort. Ma main me picotait et je pouvais sentir mon sang affluer dans mes veines à une vitesse incroyable. Mais j’arrivais pas à la quitter. J’étais parfaitement incapable de m’éloigner de son corps ne serait ce qu’une minute de plus. Alors j’ai pris mon courage à deux mains et comme une évidence j’ai fait ressortir la seule chose qui m’empêcher de dormir depuis quelques jours.
« Pardonne moi. »


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MessageSujet: Re: Rickon ▬ Dance with the devil Jeu 12 Juin - 18:48

Rickon & Genesis
Lorsque le mal s'insinue en l'homme, c'est un poison qui se distille, il n'est bientôt plus possible de le drainer. Tout ce qu'il faut faire c'est l'écarter au plus vite des autres avant qu'il ne propage son propre venin. Le mal est contagieux, ma chère, et nous en sommes les porteurs.



Le brouhaha qui résonnait dans les couloirs couverts de blanc ne l'intéressait plus à présent. Elle perdait pied, une douce piqûre brûlante qui lui chatouillait le bout des doigts, délivrant son poison jusqu'à son système nerveux tandis que les gens présents commençaient à disparaître. Absorbés par le trou béant à l'intérieur de sa poitrine. Il était son seul intérêt, lui et cette partie de chaire qu'elle frôlait du bout des doigts, cette chaleur qui coulait dans ses veines nourrissant chaque battement de son coeur. C'était si bon, si chaud et si frustrant de ne pas pouvoir le toucher plus, le posséder, s'enivrer de son odeur. Si sa peau était à une température plus qu'élevée, la lueur brillante de son regard azur semblait s'être dispersé dans l'espace. Flottant au-dessus de leur tête, jouant avec leur âme respective, ces âmes disgracieuses parce que peu stable. Genesis aurait tant aimé trouver les bons mots pour le faire revenir, pour le faire sourire, mais elle ne fit que caresser cette épaule impressionnante, elle n'était pas douée, encore moins avec lui. Pourtant, à cet instant, il lui semblait si petit, si médiocre, si fragile, à l'image d'un oiseau qui tombait de son nid trop tôt et affronter cette vie animale si difficile, si malsaine. Comme elle aurait aimé l'entourer de ses bras, caresser sa nuque et lui murmurer à l'oreille que tout irait bien, qu'elle serait là pour lui quoi qu'il puisse arriver à l'avenir. Hélas, elle n'en fit rien, se contentant simplement de rester planter devant lui, impuissante et pudique. La peur. Cette peur qui entourait tout l'être qu'était Genesis, cette peur du rejet, de la perte, c'était celle-là même qui la pétrifiait sur place.

Elle le sentait partir, sans réellement comprendre d'où venait ce pressentiment qu'elle jugeait saugrenu, elle savait qu'il était prêt à s'effondrer, peut-être parce qu'elle-même l'avait fait avant. Tomber pour mieux se relever, pour recoller les morceaux de sa psyché maladroitement. Faire tenir un bateau sans voile. Tandis que le regard de la blonde se posa sur une vieille femme qui titubait, elle sentit un poids lourd qui se posa maladroitement sur son épaule. Une chaleur presque douloureuse lui brûlait chaque centimètre de la peau, des filaments électriques tiraient son corps de part en part, comme la sensation désagréable d'être parcouru de milliard d'insecte. Une râle aigu transperça le silence qui s'était installé entre eux, tandis que la profiler essayait de tenir sur ses talons. Elle pouvait sentir le souffle du brun qui caressait le creux de son cou, ses lèvres frôlant sa peau, une boule au ventre et l'envie foudroyante de fuir en courant. La peur de nouveau. Toutefois, elle remarquait pour la première fois qu'il n'était pas si lourd qu'elle l'avait imaginé autrefois, dans ses yeux d'enfant, elle l'avait vu grand et fort, intouchable et là, à cet instant, l'homme qui s'appuyait sur elle paraissait si fébrile qu'elle en avait peur de le briser en mille morceau si elle faisait le moindre mouvement brusque. Les bras de la jeune femme longeaient le long de sa silhouette de sportive. Elle était pétrifiée, subissant les regards curieux des médecins en blouse blanche qui les frôlaient. Et puis, il s'était mis à parler. Voix rauque, presque étouffé d'émotion. Tremblante même. « Pardonne moi. » Alors, Genesis leva ses bras, dans une gestuelle presque mécanique, lente, frôlant les bras du jeune briguant, elle entoura le corps du jeune homme d'un cocon rassurant. Ses doigts frôlèrent sa nuque, lui offrant un réconfort maternelle, des gestes qu'elle avait appris à maîtriser, contrôler lorsque Liam entrait en état de crise intense, dévastatrice même.

Bien que son cerveau n'arrivait pas à cerner le sens des mots de Rickon, elle sentait qu'il souffrait si fort qu'elle crue entendre son âme lui hurler, la supplier de le sauver. De le sortir de ce gouffre sans fin dans lequel il se trouvait. La blonde posa les paumes de ses mains contre les omoplates du brun au regard vide, le poussant ainsi à rapprocher son corps imposant et masculin de celui frêle et féminin qu'était le sien. Elle le serra si fort, qu'elle avait l'impression de se fondre en lui, sans dire un mot, pendant de longues minutes, elle fouillait, secouait sa mémoire à la recherche d'une phrase ou d'un mot qui serait susceptible de briser ce silence. Elle ferma les yeux, approcha ses lèvres pulpeuses et teints de rouge de l'oreille de Rickon. Et dans un murmure, elle lâcha. «-Je n'ai rien à te pardonner. Je ne t'en veux pas Rickon, au contraire.» Au contraire, elle le chérissait, faisant ainsi de lui une entité de sublimation à part entière. Il était inconcevable pour elle de lui en vouloir, même s'il l'avait fait souffrir par son idiotie. Elle resta muette, observant la goutte rougeâtre qui venait de longer les phalanges de l'homme, s'écrasant pitoyablement contre le sol blanc de l'hôpital psychiatrique.

Elle observait ce processus comme-ci sa vie en dépendait. Rickon s'était ouvert les phalanges de rage, la question était pourquoi ? Pourquoi était-il dans cet état, que faisait-il dans cet endroit sordide où il n'avait pas sa place. Non. Il lui fallait de la lumière, une vie loin des ténèbres. Genesis laissa sa main droite se poser sur l'avant bras de Rickon, le serrant aussi fort qu'elle le pouvait, toujours dans cette position qui dérangeait les docteurs, les patients, les visiteurs. ''Qu'ils aillent au diable.'' Et puis, Genesis entreprit de se détacher lentement de l'homme qu'elle aimait et elle vivait ce geste comme-ci on lui arrachait une partie d'elle. Essayant de calmer les battements de son propre cœur qui ne cessait de cogner contre sa poitrine. Toutefois, elle ne le laissa pas s'éloigner complètement, gardant sa poigne autour de son avant-bras. «-Et si on sortait prendre l'air ? Laisses-moi voir tes poings.» C'était plus un ordre qu'une requête, elle fit relever le bras de son ami, évitant son regard, évitant de lui montrer qu'elle avait rougi à cause de ce contact corporelle qu'elle désirait tant. D'un œil expert, elle admirait les phalanges de Rickon. Des mains abîmés, sèches, cherchait-il à se détruire lui aussi ? Peut-être. Genesis plongea sa main dans la poche de sa petite veste et entoura un mouchoir en soie autour de la blessure du brun. Puis, elle releva son visage, frôlant même son nez contre le sien tant la proximité était encore là. Une pulsion. Une envie soudaine, elle ne pouvait plus résister et entoura ses bras autour du cou de Rickon, collant de nouveau son corps contre le sien. «-Je suis là si tu veux parler, je me souviens de ce que tu m'as dit à l'hôpital et je ne veux pas faire partie de tes rêves, mais de la réalité parce que là, c'est bien moi qui suis ici, je suis réelle Rickon. » Elle le serra, encore plus fort, avec cette sale impression qu'il allait disparaître, elle n'avait jamais ressenti ça. La souffrance, la détresse d'un homme qui n'était pas de sa famille. Elle n'avait jamais été aussi touchée et touchante que lorsqu'elle était avec lui.
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MessageSujet: Re: Rickon ▬ Dance with the devil Jeu 19 Juin - 21:46

 » Dance with the devil
 

« Je veux que tu promettes une chose. Si tu aimes quelqu'un, dis-lui. Même si tu as peur que ce ne soit pas une bonne chose même si tu as peur que ça te cause des problèmes, même si tu as peur que ça te détruise la vie, tu le dis et tu le dis fort. »



                    J’ai essayé de résisté. De rester ce pour quoi j’étais fait... La rue, la solitude, la drogue, c’était une partie de moi que j’ne pouvais pas effacer. Jusque là ça m’avait pratiquement jamais dérangé. J’vivais au jour le jour, me souciant uniquement de manger et de régler quelques affaires pour Liam. Rien de plus. Mais depuis qu’elle est arrivée dans ma vie. J’veux dire vraiment arrivé. C’est là que quelque chose à changé. J’saurai pas vraiment dire quoi au juste, mais ca ressemble étrangement à un sentiment de manque mêlé à de l’envie dévorante. A dire vrai, j’étais bien seulement quand j’me tenais à ses côtés. Au moins j’savais qu’elle était en vie. Mais chaque fois qu’elle disparaissait de mon champ de vision, c’était comme si on m’arrachait le coeur. J’avais beau lutter, me débattre , croire que j’étais capable de passer à autre chose. Peine perdu... J’étais devenu ce contre quoi j’me battais depuis toujours. Un être faible. Parce que oui à l’heure actuelle il n ‘y avait décemment pas d’autre mot pour me définir. Mais les gens pouvaient bien penser ce qu’ils voulaient, si c’était ça être faible j’voulais bien l’être au centuple.

Dans un geste, presque naturel, j’avais laissé mon corps dirigé mon être. Laissant choir ma tête sur l’épaule de Gen. Bien qu’au début j’n’ai ressenti que d’la peur, très vite cette sensation se transforma en réconfort. D’autant plus lorsque je sentie ses doigts parcourir mes bras et mes deux omoplates. C’était étrangement bon. J’voulais pas qu’elle s’arrête. J’humais sa peau comme si c’était la dernière fois que j’pouvais sentir cette odeur... Et puis elle me serra davantage contre elle. A première vue ça faisait un mal de chien. Là dans mon ventre, comme si de milliers de petits soldats tentaient, tant bien que mal, de barrer le chemin à tout ce qui pouvait se pointer d’anormal. Plusieurs fois j’essayais de les aider. Jusqu’à ce que mon être tout entier s’y oppose et décide de se rendre, m’amenant ainsi à glisser mes doigts, à mon tour, dans son dos. Je les laissais frôler un à un sa colonne. Elle vint alors à poser ses lèvres prêt de mon oreille et dans un souffle me révéla que finalement, je n’étais peut être pas le seul être faible dans cette pièce : «-Je n'ai rien à te pardonner. Je ne t'en veux pas Rickon, au contraire.» La serrant de mon côté un peu plus, j’arrivais à travers son vêtement à sentir les marques meurtries sur son échine dorsale... Elle était donc là, cette putain de réalité. Cette frustration de ne pouvoir aimer sans croire qu’un jour on pouvait ressentir pire... Se bercer d’illusion et croire que l’amour pouvait vaincre tout sur son passage. Foutaise. Genesis était la preuve de ce que j’avançais. J’avais pas besoin de plus pour de nouveau faire retomber mes bras le long de mon corps. Elle n’eu hélas pas l’air de s’en rendre compte, puisque l’instant d’après, elle m’empoigna l’avant bras tout en attrapant ma main pour y nouer un foulard de soie afin d’empêcher le sang de couler davantage. «-Et si on sortait prendre l'air ? Laisses-moi voir tes poings.» Même cette sensation de douceur arrivait à me bruler la peau.

Et alors elle fit le seul geste dont j’me savais incapable de gérer. Celui là même qui transperçait mon âme de part en part. Elle s’agrippait à moi comme si j’étais la seule personne sur terre capable de la sortir de son Enfer. Peut être qu’au final elle était également la mienne...  «-Je suis là si tu veux parler, je me souviens de ce que tu m'as dit à l'hôpital et je ne veux pas faire partie de tes rêves, mais de la réalité parce que là, c'est bien moi qui suis ici, je suis réelle Rickon. ». Ses mots atteignaient un à un mon coeur. Manquant plus d’une fois de le faire basculer. Et alors, dans un effort ultime de résistance, tout ce qui avait pu faire d’moi un être totalement démunie de sentiments s’effaça. L’espace d’un instant je lui appartenais. Elle aurait pu me demander n’importe quoi, j’l’aurai fait. Quitte à me briser en mille morceaux s’il l’avait fallu. Elle disait vouloir faire partie d’ma réalité... Mais Gen n’en connaissait même pas une infime partie. Son monde était peut être noir, le miens l’était aussi. Mais j’devais essayer de la laisser rentrer. Ne serait ce qu’une fois. Une toute petite fois. Alors dans un effort presque surhumain, je détachais mon corps du sien tout en glissant ma main dans la sienne.
« Alors viens. »
J’allais lui montrer ce que personne ne savait de moi. Hormis Logan. J’allais lui dévoilé, la partie sans doute la moins marrante de mon existence. Celle là même qui, chaque jour, me ramenait vers une réalité des plus sinistres, mais qui si elle venait à disparaitre, déchirerait la seule part d’humanité qu’il me restait. Déambulant à travers les couloirs de l’hôpital psychiatrique, nous arrivions quelques minutes plus tard devant une porte blanche comportant une vitre à hauteur de visage. Je fis stopper Gen dans sa course. Inspectant l’intérieur de la chambre, j’m’aperçu bien vite qu’ils l’avaient shooter. Encore... Elle avait l’air de dormir paisiblement. Et devant cette vision j’ne pu que lâcher un sourire des plus faibles et triste. Je me suis alors retourné vers Gen, qui ne devait sans doute rien y comprendre, et j’ai plongé mon regard dans le sien. C’était le seul moyen pour que j’reste connecté.
« Tu voulais savoir pourquoi j’avais besoin d’argent, l’autre soir dans la forêt. La voilà la raison. Chaque jour j’me bas pour qu’elle reçoive les meilleurs soins. Qu’elle obtienne quelques jours de plus avant qu’ils ne la foutent à la porte. J’sais bien que c’est peine perdu, qu’elle continuera à délirer jusqu’à la fin de sa vie. Mais j’ai besoin d’y croire... »
Les mots peinaient à franchir le seuil de mes lèvres. De même que la boule coincée dans ma gorge n’arrangeait rien. Mais je n’allais pas craquer. Pas tout de suite. Le combat n’était en rien finit et ma mère avait encore besoin de moi. Alors je résistais, puisant dans mes ressources les plus infimes qu’il soit. Le pire dans tout ça, c’est que j’y avais passé ma vie. Pas un seul instant, pas un seul jour ne s’était passé sans que je ne leur verse un peu d’argent afin qu’ils maintiennent la raison pour laquelle je vivais encore. Elle n’était peut être pas une mère parfaite. Mais c’était la mienne. Elle avait tenté de me protéger et s’y était brulée les ailes. Impuissant, face à son mal être, je me devais de lui être redevable, et ce jusqu’à son dernier souffle... 

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MessageSujet: Re: Rickon ▬ Dance with the devil Ven 20 Juin - 17:53

Rickon & Genesis



Ses bras entouraient le corps de Rickon, ainsi elle pensait pouvoir le protéger de tout le mal dont il souffrait, elle avait l'espoir d'aspirer son mal-être en elle. Après tout elle se savait forte au point d'encaisser les coups encore et encore, assez forte pour regarder le diable dans les yeux sans broncher, mais sa faiblesse, c'était lui. Et le voir dans cet état ça pouvait la rendre folle à en crever, si seulement elle avait pu lui dire qu'elle l'aimait à en suffoquer chaque soir. Si seulement elle n'était pas pétrifié à l'idée de le perdre, de le mettre en danger de le mêler à toutes ces choses qui la rendaient si tordue, si difforme. Derrière ce visage angélique se cachait une âme qui se putréfiait lentement. Un monstre. Elle pouvait passer sa vie entière ainsi, accrocher à son cou comme s'il était ce qui la ramenait à la réalité, à la douceur. Elle sentait son coeur battre contre sa peau, elle le désirait, tout entier corps et âme. Alors, même si elle n'avait pas saisi toutes les nuances que comportait l'amour, elle était prête à faire partie de son monde. Prête à connaître la part d'ombre qui rongeait Rickon. Elle était prête à franchir cette ligne qu'elle s'interdisait depuis de nombreuses années. Prête à affronter le diable pour le protéger, elle était prête à vivre dans l'ombre de cet homme au milles visages. La gorge de la blonde brûlait d'envie de lui murmurer la vérité, celle qu'elle avait longtemps enfouie au fond de son coeur, jetant la clef de ce dernier aux oubliettes. Mais, le courage n'était plus là, chaque fois qu'elle ouvrait ses lèvres pulpeuses, aucun son ne voulait en sortir et elle sentait ses jambes faillir sous son poids frêle. Alors, elle essayait de se concentrer sur la respiration de Rickon, cette même respiration qui caressait sa peau, la purifiait de tout le mal qu'elle avait subi. Elle se souvenait de ses doigts caressant sa cicatrice et elle s'était simplement dit qu'elle embrasserait toutes celles de Rickon. Puis, au milieu de ce couloir vivant, il se détachait d'elle, lentement. Une déchirure. Elle ne voulait pas et mourrait d'envie de hurler qu'il devait la serrer plus fort encore et encore plus fort. Pourtant, de nouveau cette lâcheté qui happait ses neurones, elle ne fit rien, ne dit rien, se contentant d'observer Rickon, sans pour autant agrandir cette proximité tant désiré. Puis, elle ressentait de nouveau ces nombreux picotements le long de son échine. Toute sa peau réagissait au contact que Rickon venait d'ouvrir entre eux. Sa main dans celle de la blonde s'était glissé dans une douceur qu'elle n'aurait jamais imaginé et son coeur en subissait les conséquences désastreuses. Il cognait, encore et encore. « Alors viens. » Elle avait envie de lui dire qu'elle le suivrait n'importe où, n'importe quand, qu'elle quitterait tout pour lui, mais la blonde ne fit que lui offrir un sourire suivit d'un hochement de tête. Elle suivait le rythme des pas de Rickon, sa main serrant celle du mauvais garçon, elle se mordillait la lèvre inférieure tandis que son regard ne voulait plus quitter la forme de ses deux omoplates qui se dessinaient parfaitement bien sous ce t-shirt moulant. Elle pouvait observer la ligne et la forme de ses muscles et rêvait secrètement de les embrasser. Il était sa torture, son supplice, son plus beau cadeau.

Enfin, Genesis fût tirée de ses observations par les pas de Rickon qui s'étaient faits plus lent, moins assurés, elle pencha son visage sur le côté, cherchant à comprendre ce qui pouvait bien lui arriver. Son dos semblait triste, pendant une seconde elle avait cru voir des larmes sur ce dernier et afin de retrouver ses esprits la profiler secoua son visage vivement. Elle devenait folle. Une vitre se trouvait maintenant face à elle, Rickon à ses côtés avait lâché sa main dans un geste las, presque brutale comme si la souffrance que se trouvait derrière cette vitre le déstabilisé. Alors Blondie s'avança lentement, le nez presque sur la vitre pour y voir une femme aux traits usé, fatigué et rongé par la folie. Elle savait la reconnaître, cette folie qui vous fait sombrer puisqu'elle la voyait chaque jour lorsqu'elle se regardait dans le miroir. Genesis resta silencieuse, étudiant chaque trait de la vieille femme qui était allongée dans ce lit, ses poignées cloués au lit, elle avait les cheveux éteint de vie, ils étaient sombre et triste et Genesis en eut un haut le coeur tant cette douleur la transperçait de part en part. Puis le visage de Rickon se tourna vers elle et elle le soutenait, les larmes prêtes à exploser, elle pouvait lire en lui. Et à cet instant, elle maudissait cette fichue capacité d'analyse qui faisait d'elle la meilleure dans son domaine. Elle n'avait pas le coeur de fuir ce regard qui avait besoin d'attention et puis, elle voulait de tout son coeur faire partie de ce monde qu'était celui de Rickon, il était trop tard pour fuir à présent. « Tu voulais savoir pourquoi j’avais besoin d’argent, l’autre soir dans la forêt. La voilà la raison. Chaque jour j’me bas pour qu’elle reçoive les meilleurs soins. Qu’elle obtienne quelques jours de plus avant qu’ils ne la foutent à la porte. J’sais bien que c’est peine perdu, qu’elle continuera à délirer jusqu’à la fin de sa vie. Mais j’ai besoin d’y croire... » Genesis resta longuement silencieuse, elle comprenait à présent que ce qu'elle pensait de lui se confirmait. Il n'était pas mauvais comme certains pouvaient le hurler. Non. Rickon McHelligot était l'image même de ce monde mal foutu et difforme, il représentait cette minorité de faible qui se débattait pour survivre et elle culpabilisait d'être née riche, bien que malheureuse, elle n'avait jamais eu à réfléchir à ce qu'elle allait manger demain. Jamais. Son coeur se serra si fort qu'elle crut le sentir saigner à l'intérieur de son corps. Genesis ouvrit la bouche puis elle la ferma, reposant son regard sur la femme alitée comme un animal. «-Elle a l'air de mériter tout le mal que tu te donnes pour elle. Elle te ressemble, je veux dire, elle a ce truc que j'aime chez toi.» Cette force. Toutefois Genesis ne s'était pas rendu compte qu'elle avouait à demi mot qu'elle aimait Rickon, trop prise par cette montée d'émotion. Puis elle reposa ses prunelles sur Rickon. Elle aurait aimé lui dire qu'elle pouvait payer pour lui, qu'elle était là, mais elle savait que c'était une mauvaise idée. Rickon avait sa fierté et elle ne voulait pas qu'il puisse penser qu'elle le prenait en pitié. Non. Elle l'admirait. Alors elle glissa délicatement sa main dans celle de Rickon, le bout de ses doigts caressaient les phalanges du jeune homme. Elle était là à présent et elle ne comptait plus le lâcher. Jamais. «-Je n'ai pas envie de savoir pourquoi elle est ici, si tu ne veux pas en parler et dans le cas contraire sache que je suis là. Je te prends pas en pitié saches le. Je la trouve jolie ta maman. » Puis, Genesis fit ce qu'elle avait longtemps oublier de faire, elle lâcha un large sourire qui laissait entrevoir toute sa dentition et elle tira le bras de Rickon légèrement afin de le guider dans les couloirs de l'établissement. Elle n'avait pas le coeur assez solide pour le voir souffrir de nouveau. Genesis évitait chaque patients, chaque médecin qui se mettaient en travers de sa route avec cette agilité qui lui était propre. Puis, elle franchit les portes électriques de l'établissement, le soleil extérieur l'aveuglait légèrement. Toutefois, elle remarquait une machine à café qui se trouvait non loin de sa voiture et sans un mot, elle guida le jeune homme jusqu'à cette dernière.


Elle fouilla dans sa poche et glissa une pièce à l'intérieur de la machine. La bière en canette s'écrasa et Genesis l'ouvrit et en bu une gorgée avant de la tendre au bougre de Rickon. Puis son dos se colla contre la machine. Elle toisa Rickon avec un regard presque mesquin, un sourire du coin des lèvres pendu sur son visage. «-On va pas mieux avec le temps, on supporte la douleur mais je vais te dire une chose Rickon. Je te lâcherais pas, jamais ! Je sais pas vraiment pourquoi, je sais pas vraiment comment non plus, mais t'as plus intérêt à me rejeter comme tu l'as fait sinon je te jure que je te tuerais. J'men fiche de tes états d'âmes, de tes principes ! Depuis que j'ai onze ans je te regarde sans te connaître alors je te laisserais pas filer mon grand.» Les joues de la jeune femme prenaient cette couleur bizarrement roses tant son coeur suivaient un rythme si rapide, que sa circulation sanguine ne pouvait plus suivre. Elle détourna son regard azur sur sa voiture, honteuse. Passant ses bras derrière son propre dos. «-Tu me présenteras ta maman un jour ? J'aimerais lui dire à quel point son rejeton est un idiot! » Puis, Genesis éclata de rire, un rire à s'en perforer le poumon, elle aimait ressentir cette vie en elle. Elle aimait l'avoir auprès d'elle et l'une de ses mains s'ouvrir en direction du jeune homme, attendant qu'il veuille bien partager sa bière. Attendant peut-être qu'il ne recommence à être proche, à instaurer ce désir qu'il lui avait donné avant de lui reprendre. Bien sûr, elle ne savait pas que le monstre était tout proche, que tout cela n'était peut-être qu'un mirage, mais bordel c'était un mirage encore meilleur que la drogue la plus mauvaise en ce bas monde.
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