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Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne.

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A beautiful life
MessageSujet: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne. Mar 17 Juin - 11:01

Aeryn & Logan

"Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls ce n'est que par notre amour et l'amitié que nous pouvons créer l'illusion d'un instant que nous ne sommes pas seuls."

Le crépuscule était tombé depuis plusieurs heures déjà. Laissant derrière lui une sorte d'amertume comme une traîné de poudre prête à l'utilisation propice à la situation. Ce mal-être qui s'était niché au fond de son coeur, qui rongeait son âme telle une gangrène cancérigène, cette douleur que l'être manqué vous laisse, un peu comme une marque au fer rouge, à l'inverse de cette dernière, cette douleur ne cesse d'être présente pour vous rappeler vos erreurs passés et chaque soir elle se ravive au milieu de cette solitude, parfois il arrivait à la gérer, parfois pas. Et dans ce cas, Logan longeait les ruelles, grillait des clopes et chaque fois il se retrouvait ici. Dans cette cage où le sang collait sous ses pieds nus, au milieu d'une foule qui tendait des billets, cette foule hystérique qui hurlait ce besoin de violence, ce besoin de voir le sang gicler sur leur visage propre. Le halo de lumière blanc aveuglait parfois Logan, toutefois il se sentait dans son élément. La violence, la mort, c'était son truc, son petit calmant pour se sentir en vie et ne pas exploser tout ce qui se trouvait sur son passage. Le torse nu, laissant apparaître sa musculature entretenue depuis de longues années, toujours ses fameuses plaques militaires qui dansaient sur ses pectoraux, son alliance niché entre les deux masses musculaires. La mâchoire serrée, les muscles de ses bras tendus et ses cinq sens à l'affût de la moindre attaque susceptible de venir le frapper comme un camion en pleine course le ferait.

L'ex flic passa sa langue sur le bord de ses lèvres, léchant le sang qui coulait dans un filament gluant au goût de fer, ses prunelles azurs brillaient de mille feux, laissant apparaître ce qu'il y avait de plus bestiale dans la nature humaine. Il aimait cette sensation, cette douce mélodie qui était provoquée par les battements irréguliers de son coeur. Klaus posa sa main sur son épaule, une poigne faible, presque lâche. Klaus était un petit être tordu physiquement et mentalement, c'était ce petit homme au crâne dégarnie, tatoué sur tout le corps et pâle comme un mort qui avait fait connaître Logan dans le milieu du combat de rue. Et le père de famille ne se souciait pas réellement de ce que pouvait faire ou être Klaus en dehors des cages. «-Fait gaffe, essaye pas de le buter le prochain.» Oui. C'était bien ça le problème, ne pas tuer. Parce que chaque fois qu'un type tombait entre les mains de Logan, malgré des phalanges usé par la baston, il ne savait plus discerner le bien du mal. Seul l'apaisement de sa souffrance comptait. Logan hocha son visage lentement, faisant craquer ses os tandis que les hurlements de la foule se faisaient plus aigus, un son désagréablement strident qui rappelait à Logan le bruit des mines qui explosaient jadis sur le champ-de-bataille. Une voix robotique résonnait, annonçant ainsi le prochain adversaire de Logan. Un mur de brique, une carcasse de muscle qui faisait une taille ou deux de plus que l'ex militaire. Logan lâcha un large sourire carnassier avant de cracher du sang. Il serra les poings face à lui, prêt à encaisser l'attaque de son adversaire tandis que plusieurs voix discutaient du prix à miser sur sa tête de vieux loups.

La masse de muscle s'élança, chaque pas était un coup contre le sol. Logan attrapa le coude de l'homme et se glissa juste sous ses aisselles, le coude était l'arme la plus dévastatrice dans un combat au corps à corps et en bon soldat Logan se souvenait de ça. Il logea son coude dans un coup puissant, vif, mortel, l'extrémité pointue de son os cogna contre la carotide de l'homme. Il perdrait son souffle pendant quelques secondes. Le géant recula de quelques pas maladroit, tandis que Logan sauta et envoya son genou contre son nez. Raté. Le géant agrippa la jambe du brun, le projetant au sol, la tête la première. Logan laissa échapper un râle de douleur avant d'essayer de se relever. Le géant fonçait sur lui, tête baissé et Logan l'évita du justesse avant de lui envoyer son poing droit au niveau de sa nuque. Il s'écroulait lentement, prisonnier de son propre poids. Logan grimpa sur lui et tandis que les voix s'éloignait en même temps que sa conscience et son discernement, ses poings s'abattaient dans une violence presque inhumaine sur le visage du géant. Logan cru voir une dent tomber sur le sol et rouler jusqu'aux pieds de Klaus. Il souriait. Frapper encore et encore jusqu'à le noyer dans son propre sang. Puis, Logan comprit qu'il était trop tard que si les hommes qui essayaient de s'interposer n'arrivaient pas à le stopper il le tuerait. Le sang du géant giclait sur son visage recouvrant sa peau pâle d'une couleur pourpre. Enfin, deux hommes attrapèrent Logan, le traînant de force jusqu'à la sortit et profitant de l'état semi conscient de l'homme pour le jeter dans la rue accompagné de sa chemise à carreaux et de sa paire de boots'.

Le père de famille sentait que la tension ne voulait pas descendre, malgré la situation, malgré le vent froid qui caressait sa peau couverte de sang, il éclata de rire. Un rire qui exprimait sa folie, le poing serrait contre son visage, il étouffait quelques sanglots de rage. Tellement pitoyable. Il se redressa lentement, grimaçant de douleur. Il attrapa sa chemise usée et s'en servit pour essuyer le sang collé sur son visage. La ruelle était vide, calme et pourtant l'ex flic n'arrivait pas à faire cesser ce bourdonnement agaçant qui résonnait à l'intérieur de son crâne. Il identifia le bruit de talon qui claquait contre le sol, plissant les yeux il aperçu une silhouette féminine qui s'approchait de lui. Sa vue était encore brouillée et il ne pouvait s'empêcher de dire à haute voix. «-J'ai pas besoin d'aide. » Non. Personne ne pouvait l'aider, même pas lui-même, du moins le détective privé n'avait pas imaginé que ce passé qu'il cherchait à fuir, ce passé qui le rendait fou allait de nouveau le frapper en plein visage.

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MessageSujet: Re: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne. Mar 17 Juin - 14:37


Je ne veux plus jamais te revoir. Et cela n'a rien de méchant. C'est juste que tu es ma drogue. J'ai réussi à t'oublier, mais il suffirait d'une seule fois pour que je retombe amoureuse de toi.

LES CHOSES ONT L'IMPORTANCE QU'ON LEUR DONNE

Tout aurait peut être mieux valut que cette vie là...  Je n’étais plus que l’ombre de moi même, esclave d’un monde qui ne m’appartient même plus. Et plus j’essayais de faire surface, de revenir vers cette réalité qui me tirait les tripes vers la surface, plus j’avais cette impression folle de suffoquer. Pourtant, chaque jours j’essayais. J’essayais d’avancer, de faire face à ce passé qui me retenait inlassablement prisonnière. Mais c’était peine perdue. A chaque fois je redevenais sujette à des angoisses pire que la mort. Parce que oui, ce torrent d’images emplies de sang, de cris, de larmes, que vous le vouliez ou non ça a toujours raison de vous. Alors il ne me restait plus qu’à faire semblant. Semblant d’être celle que je ne suis malheureusement pas. Cette femme froide, dénuée de toutes émotions, renfermée sur elle même et sur le monde qui l’entoure. Triste quand l’on repense à mes années d’enfances où je respirais bon la joie de vivre.

Assise dans un bar, qui formait le coin de rue, j’observais les gens. Certains paraissaient seuls, d’autres tristes, d’autres encore souriaient comme des nigauds... A cet instant ils me faisaient tous pitiés. Je ne connaissais peut être rien à leur vie, mais j’en savais assez pour savoir qu’ils ne connaitront sans doute jamais le véritable malheur. Celui là même où vous avez l’impression que votre existence vous abandonne pour de bon. Qu’il ne reste plus rien sur vous que cette pauvre carcasse vous maintenant en vie. J’avais beau sourire, parler, m’intéresser je savais que tout ça n’était qu’un masque. Mais j’en avais besoin, besoin au point de m’écrouler pour de bon si jamais il venait à disparaitre. Parce que eux, là-bas, n’ont pas eu cette deuxième chance qui m’ait été donnée, et parce que c’était terriblement difficile de l’admettre.

Du coin de l’oeil, j’aperçu deux adolescents chuchoter. Ils avaient beau paraitre discret, il n’en était pas moins que j’étais assez prêt pour les entendre. « Ca te dirais de mater des combats de rue ? Parait qu’il y en a un qui s’organise pas très loin. Ca pourrait être fun ! » Mes yeux ne firent qu’un tours dans leur orbite. Pathétique. Quand est ce qu’on allait enfin apprendre à nos jeunes à être un peu plus respectueux pour leur vie et celle des autres ? Déposant un billet pour régler ma note, je m’empressais de les suivre. Je ne sais pas exactement ce qui m’attirait tant dans les combats de rue, mais j’aimais les voir se battre. Voir qu’ils ne leur restaient plus que cette hargne pour survivre. Cette obstination à vivre quoi que cela leur en coute. C’était sans doute cette façon de me dire qu’ils avaient tous quelque chose de plus que moi : le courage
.
Tentant de me faire une place parmi la foule de testostérone sur place, je me postais assez loin du ring. Les femmes n’avaient pas réellement leur place dans ce genre d’endroit, et la boisson alcoolisée, souvent ingurgiter ici, leur donnaient parfois de fausse illusion quant à mes intentions. Les combats s’enchainaient, me ramenant de plus en plus vers cette folie de souvenirs. Plus les poings fracassaient des mâchoires, plus le sang remplissait le sol, plus je revoyais ces enfants mourir. Et plus j’accusais le coup. J’avais tellement envie de pleurer, de crier, de fuir... Mais je devais tenir, parce que moi j’ai eu cette chance...

Et puis il arriva. Sur de lui. L’oeil vif. Les muscles fermes, prêt à encaisser. Je l’ai observé, le moindre de ses mouvements je les enregistrais. Jusqu’à ce que ce soit mon coeur qui me lâche. Lui l’avait sans doute reconnu bien avant mon cerveau. Ces bouclettes, ce rictus... Machinalement mes mains vinrent se poster devant mon visage. Ce pouvait-il qu’il soit ici... ? Fallait croire. Ce sentiment de n’appartenir qu’à lui, d’être la seule qui pourrait lui offrir une vie digne de ce nom, ces crises de rire à n’en plus finir et puis cet abandon... Ce sentiment il était revenu... Et ça faisait un mal de chien. J’aurai du partir, oublier ce que je venais de voir et retourner chez mes grands parents. Mais mes yeux, eux, ne voulaient rien savoir. Ils continuaient d’admirer ce corps tant désirer autrefois. J’aurai du faire quelque chose, m’interposer et l’empêcher de peut être mourir ici. Mais je n’en fit rien. Incapable d’émettre le moindre mouvement je le vis cogner, cogner et encore cogner. Il avait clairement le dessus sur le géant qui avait, lui, les faveurs et les acclamations du public. A ce moment là, je me suis demandé où il pouvait bien trouver cette force, cette hargne qui allait le faire tuer son adversaire. Qu’est ce qui avait pu se passer en vingt ans pour qu’il devienne cette bête ? Mes questions restèrent veines. J’avais beau réfléchir, chercher je n’arrivais pas à comprendre sa détermination. Encore une chose qu’il avait plus que moi.

Il arriva ce qu’il arriva, quelques hommes le retinrent et le firent sortir du ring. La règles était pourtant simple, mettre son adversaire KO mais en aucun cas le tuer... Logan avait certainement dépassé la limite. Il se fit lâchement mettre à la porte. J’avais désormais le choix, aller de l’avant, m’offrir un futur et changer de vie, ou bien revenir vers un passé des plus dévastateur. C’est mon coeur qui eu la chance de choisir. Parce qu’on a beau essayer de ne plus se rappeler, on oublie jamais... Et mon corps était cruellement contre cette idée. Mes jambes flageolaient déjà, mes mains tremblaient et mes yeux avaient cette envie omniprésente de relâcher toute cette pression retenus depuis quatre ans déjà.  

Je le vis alors se servir de sa chemise pour éponger le sang. Je me l’étais imaginé de multiple façon qu’il soit, chaque jour je me demandais ce qu’il pouvait devenir, mais jamais, oh grand jamais je n’aurai imaginer Logan aussi triste. J’allais lui proposer de rentrer, nettoyer tout ça, et faire comme si il ne s’était rien passé. Ce fut néanmoins lui qui ouvrit les hostilités le premier... «-J'ai pas besoin d'aide. ». Cela me valut un petit rire nerveux. Ben voyons.

« Moi je crois qu’au contraire, oui, tu as besoin d’aide. Mais qui suis je vraiment pour que Monsieur Dixon ne se soucis un tant soit peu de ce que je peux penser ? »

Et bien, me promettre de ne pas parler de ce qui a pu se passer dans le passé n’aura pas servit à grand chose finalement. Je ravalais difficilement ma fierté et je m’approchais de lui. Farfouillant un moment dans mon sac à main je sortie une bouteille d’eau et un mouchoir que j’humidifiais avant de venir le poser sur ses phalanges ensanglantées.

« Ca ne fera sans doute pas autant d’effet qu’une bonne bouteille de vodka, mais ça fera l’affaire. »

Il y avait sa lèvre également qui saignait, mais j’étais totalement incapable de le regarder droit dans les yeux. Je sentais cette peur terrible qui montait en moi, celle là même que j’ai ressenti le jour où il m’a cruellement abandonné. Et je n’aimais pas ça... Parce que j’avais déjà assez a faire avec mes souvenirs pour en remettre une couche !



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MessageSujet: Re: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne. Mar 17 Juin - 20:51

Aeryn & Logan

"Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls ce n'est que par notre amour et l'amitié que nous pouvons créer l'illusion d'un instant que nous ne sommes pas seuls."

Il n'avait jamais été le genre de personne à rejeter son prochain, mais là, dans l'état léthargique dans lequel il se trouvait il n'était qu'un chien prêt à attaquer, un chien errant dans cette ruelle qui puait la pisse et la crasse. En plus du goût de sang qui se noyait dans sa gorge et de son corps qui semblait reprendre le dessus, l'adrénaline était toujours présente, toutefois il pouvait sentir ses mains qui tremblaient au même rythme qu'il souffrait à avoir envie de pleurer comme un enfant. Il n'eut qu'un râle sauvage qui brisait le silence de la ruelle, un râle qui s'ajoutait aux paroles dures qu'il avait prononcé il y a quelques minutes. Logan était dans cet état second, un état qui était le résultat de nombreuses années de souffrances, des années et des années à courir après un fantôme qui se liquéfiait chaque fois qu'il posait ses doigts sur son épaule fine et pâle, chaque fois qu'il essayait d'attraper une poigne de cheveux roux entre ses doigts l'être qui faisait son malheur se volatilisait. Alors Logan prenait son crâne entre ses mains, essayant d'étouffer sa douleur en serrant les dents. Chaque jour il essayait d'être fort, de lutter contre toute cette rage qui dormait en lui, pour son fils, pour sa fille, pour son meilleur ami. Il fallait être l'arbre planté dans le ciment qu'était la vie. Hélas, parfois la vie est trop rude, trop difficile. Et cette difficulté le transformait en bête sauvage assoiffé de sang et de coups. Son dos était douloureux, certainement la chute qu'il avait fait sur le sol, peut-être qu'il aurait un énorme hématome. Logan se redressait, du moins il essayait, comme il le pouvait tandis que la femme qui se trouvait encore caché par la pénombre s'avançait un peu plus vers lui. Il fronçait ses sourcils, plissant ses yeux afin d'essayer d’apercevoir son visage, éclairé par la lumière d'un lampadaire il cru avoir une autre hallucination lorsqu'il croisa son regard azur tant aimait jadis. « Moi je crois qu’au contraire, oui, tu as besoin d’aide. Mais qui suis je vraiment pour que Monsieur Dixon ne se soucis un tant soit peu de ce que je peux penser ? » Le cœur de Logan loupa un ou plusieurs battements, il ne savait plus vraiment si tout cela était réel ou si c'était une autre phase de délire post-traumatique qu'il subissait à nouveau. Cette voix, il l'avait jadis entendu encore et encore, entre deux éclats de rire, après une bière au bord de la plage. Cette innocence qu'il avait toujours craint de briser. D'une voix enroué, la boule à la gorge il murmura dans un soupire. «-Aeryn ?» Parler était trop éprouvant à cet instant tandis que tous les neurones de son cerveau semblaient faire la course à l'intérieur de son crâne, l'obligeant à se souvenir de toutes ces journées qu'il avait passé en sa compagnie. De l'époque où il l'avait vu comme une petite sœur avant de voir la femme. Puis, l'image de Lyanna s'interposait doucement devant lui. Comme un rappel. Il ne devait pas l'oublier. L'anneau en or qui se trouvait autour de son cou le brûlait si fort qu'il dû mordre sa joue intérieur pour ne pas hurler de rage. Seul son souffle saccadé résonnait.

Tandis qu'il essayait de faire disparaître Lyanna, il observait Aeryn qui fouillait dans son sac à main avant de se mettre à sa hauteur. Elle ne méritait pas ça. Être à la hauteur d'un chien de rue. Logan la détaillait du regard, pour ne pas dire la déshabillait du regard. Elle était toujours aussi belle, ses cheveux étaient plus longs, ses yeux toujours aussi transperçant et sa peau toujours aussi belle. L'ex flic retenait son souffle tandis qu'elle humidifiait ses phalanges. C'était agréablement douloureux. Ce qui était le plus agréable à cet instant c'était de la revoir, ici, au hasard, souvent il s'était demandait ce qu'elle était devenue. Elle avait l'air en bonne santé. Tant de question tournait à l'intérieur de son crâne qu'il avait l'impression de s'être pris un coup de masse. « Ca ne fera sans doute pas autant d’effet qu’une bonne bouteille de vodka, mais ça fera l’affaire. » Logan leva doucement sa main humide, touchant du bout de doigts la joue de la brune. Elle était réelle, il l'observa comme un dément observerait le diable. «-Je rêve pas...t'es pas un foutu mirage....» Logan porta sa main sur son propre visage étouffant un éclat de rire hystérique.

Puis il serra son alliance aussi fort qu'il le pouvait, aussi fort qu'il le devait. Pour lui rappeler qu'il était faible, qu'il ne devrait pas oublier ses erreurs. Et pourtant, il avait l'impression qu'Aeryn était ici pour le sauver, alors son crâne son colla contre le mur en brique derrière lui et il enfila ses boots' en grimaçant de douleur. «-Je suis désolé...tu vois la vie me réussit pas. Toi en revanche t'as l'air bien. » Il souriait, tristement tandis que de nouveau il vit le fantôme qui le rendait fou. Il ferma longuement ses paupières, le visage relevé vers le ciel. Logan avait envie de la prendre dans ses bras, de l'emmener manger un bout, de l'écouter encore et encore raconter sa vie, d'essayer de comprendre ce qui l'avait amené ici de trouver le chemin du jour avec elle. Mais tout était trop tard, pour lui, il ne pouvait plus cacher ce qu'il était à Aeryn. «-Je suis pas comme ça tout les jours, seulement quand j'arrive pas à dormir plus de trois nuits par semaine. Qu'est-ce que tu fiches dans une salle de combat de rue ? Quand je t'ai connu t'étais du genre contre la violence.... » Puis, il ne savait pas pourquoi ni comment, ses bras retombèrent lourdement contre ses genoux tandis qu'une boule se logeait au milieu de sa gorge. Il tremblait, il déraillait. Déconnecté de cette réalité. Ses enfants, où étaient-ils ? Il se redressa, titubant, pourtant essayant de tenir épaule droite contre le mur et dans un souffle faible, les yeux rivés sur le bitume noirci de son propre sang, il murmura en même temps qu'une bande de jeune riait au loin. «-Je suis désolé Aeryn. » Pour tout ce qu'il était, ce qu'il avait été, pour ce qu'il serait parce que jamais plus Logan ne pourrait être heureux à en être euphorique .
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MessageSujet: Re: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne. Jeu 19 Juin - 16:15


Je ne veux plus jamais te revoir. Et cela n'a rien de méchant. C'est juste que tu es ma drogue. J'ai réussi à t'oublier, mais il suffirait d'une seule fois pour que je retombe amoureuse de toi.

LES CHOSES ONT L'IMPORTANCE QU'ON LEUR DONNE

Du coin de l’oeil je ne pouvais m’empêcher de le détailler. D’admirer à nouveau ses courbes qui autrefois me paraissaient tellement divines. C’était agréable, mais cela n’en était pas moins mélancolique. Prise de violents souvenirs douloureux, je tentais de les chasser du mieux que je le pouvais en me concentrant sur cette main des plus abimées. Mes années d’études me permettaient de savoir qu’il souffrirait quelques jours, que certaines phalanges pouvaient être cassées et qu’il valait mieux pour lui qu’il se rende à l’hôpital le plus proche afin de radiographier tout ça s’il ne voulait pas empirer la chose, mais je n’avais pas envie de le laisser filer de nouveau. Pas si ça voulait dire ne plus jamais revoir ce visage - encore. Parce que j’avais beau affirmer que je le détestais autant que possible, je ne parvenais malheureusement pas à oublier son sourire. Etrange comme la vie peut être une véritable garce n’est ce pas ? «-Aeryn ?». J’arquais alors un de mes sourcils. Bien, pour information il m’avait bel et bien reconnue. Signe qu’il ne m’avait peut être pas forcément oublié enfin de compte. Incapable d’exprimer une quelconque considération pour lui, où bien tentais-je difficilement de m’en convaincre, j’humidifiais autant que possible sa peau, jusqu’à ce que sa main me glisse entre les doigts, et qu’il vienne déposer son index sur ma joue. Cette fois, je ne pouvais pas faire semblant de n’avoir pas sentir se léger frisson parcourant mon échine tout entière. «-Je rêve pas...t'es pas un foutu mirage...». Et cette voix... Cela faisait peut être plus de vingt ans qu’il ne m’avait pas adresser la parole, mais jamais je n’aurai pu l’oublier. Pourtant, à ce moment précis, j’avais juste envie de lui coller mon minuscule poing dans la figure, lui rappeler l’espace de quelques secondes, ce que j’avais pu ressentir durant mes cinq dernières années de fac. Mais je n’en fit rien. J’avais juste besoin de plonger mon regard dans le sien pour savoir qu’il avait assez souffert. Peut être plus que moi finalement... Puis il se mit à rire. Un rire qui vous sort des tripes. Un rire que vous n’aimeriez probablement jamais entendre... Celui là même touchant les hommes les plus fous sur cette terre. J’aurai du m’en aller à ce moment là, laisser le passé là où il devait être et avancer sans me retourner vers cet homme totalement anéanti.  Et puis il affirma le tout :  «-Je suis désolé...tu vois la vie me réussit pas. Toi en revanche t'as l'air bien. ». Je dégluti avec peine, souriant faussement.

« Et bien dis toi que les apparences sont bien plus trompeuses que tu ne le crois »
Il ferma quelques secondes les yeux sur ce monde qui visiblement n’appartenait à aucun de nous deux. Peut être que s’il n’était jamais partie cela aurait été différent. Tant pour lui que pour moi. Mais aurions nous été si loin ? Sans doute pas... Mes mains se refermèrent petit à petit sur le bout de tissu qu’il me restait entre mes doigts. A dire vrai, je n’ai pas cessé de m’imaginer ce moment, lorsqu’un jour je tomberai de nouveau sur lui. J’avais pensé à tout, les moindres détails me parvenaient encore. Mais jamais je n’aurai pensé lui venir en aide. Parce qu’il était à l’origine de tout ça... Ce mal être profondément ancré qui me collait à la peau. C’était lui, entre autre, l’objet de mes terreurs la nuit. Et pour ça, pour tout ça, je lui en voulais profondément. «-Je suis pas comme ça tout les jours, seulement quand j'arrive pas à dormir plus de trois nuits par semaine. Qu'est-ce que tu fiches dans une salle de combat de rue ? Quand je t'ai connu t'étais du genre contre la violence.... ». Pour la première fois j’osais affronter son regard dur. Avançant même de quelques pas dans sa direction.
« Faut croire que les gens changent, Logan. »
Plus une accusation qu’autre chose, je lâchais néanmoins le mouchoir usagé dans une poubelle à proximité avant d’enfoncer davantage mes mains dans mon trench noir. A travers ses rides, sa peau marquée, ses allures de vieux chien, je tentais vainement de comprendre l’homme qu’il était devenu... Peine perdu j’en conviens. Pourtant, j’étais convaincue qu’on ne change pas quelqu’un de la sorte. Qu’il fallait qu’un coup terrible arrive pour ça. Et contre tout attente, il me murmura les seuls mots que je n’attendais plus : «-Je suis désolé Aeryn. ». Si seulement c’était si simple... Mais de quoi était-il désolé au juste ? D’être partie comme un vaurien, de ne pas m’avoir donné de nouvelles bien que connaissant mon adresse ? Ou bien de réapparaitre ainsi, défiguré et tellement différent ? Je l’ai peut être regardé une bonne minute, sans rien dire, pesant le pour et le contre de ma future action, mais il était déjà trop tard. J’allais de nouveau payer mes actes, et je devrais les assumer pleinement.
M’avançant de nouveau vers lui, je lui tendais lentement la main. Je ne savais pas s’il allait accepter, ni même s’il me rirait au nez, mais je m’en foutais. J’avais vécu pire après tout.
« Aller viens, on va s’assoir quelque part, on va prendre une bonne bière et je te soignerai. Après ça tu repartira chez toi et ce sera comme si tu m’avais jamais revu. Compris ? »
Et même si j’appréhendais de nouveau le contact de sa peau contre la mienne, je savais que j’avais fait le bon choix. Après tout, je n’étais plus qu’un vague souvenir surgissant de nul part. Il n'avait nullement besoin de savoir ce que je faisais ici, et moi de comprendre pourquoi sa vie lui importait si peu. Demain il continuerai à vivre normalement et je ferai de même. Je tirerai enfin un trait sur tout ça et je pourrai rentrer en France, ouvrir mon cabinet et peut être par la suite repartir à l’autre bout du monde... 


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MessageSujet: Re: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne. Ven 20 Juin - 19:09

Aeryn & Logan

"Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls ce n'est que par notre amour et l'amitié que nous pouvons créer l'illusion d'un instant que nous ne sommes pas seuls."
Le masque de Logan s'était fissuré laissant entrevoir une blessure douloureuse qui le coupait en deux, entre la rédemption et la flagellation c'était tout son être qui se déchirait de part en part lorsqu'il laissait entrevoir cette blessure, ce deuil qu'il portait lourdement sur ses épaules depuis plusieurs années déjà. Il aurait pu passer à autre chose, car les morts ne reviennent pas à la vie, toutefois il ne se l'autorisait pas, cette culpabilité qui lui rongeait la chaire l'empêcher d'aller de l'avant. Le pire était certainement cette impuissance face à la douleur de son propre fils qui se mêlait à la culpabilité de ne pas avoir été présent lors de la mort de sa femme. Toutefois Logan essayait tant bien que mal de tenir debout sans flancher, parfois...il tombait. Comme cette nuit où la rage en lui parlait plus vite que son système nerveux. « Faut croire que les gens changent, Logan. » Oui, et pour seule réponse qu'il eut le courage de lui donner, ce fut quelques vagues mots d'excuses qui suivaient la fine brise fraîche qui caressait les boucles brunes du père de famille. Pourquoi était-il désolé au juste ? Pour être ce qu'il était, parce qu'il ne serait plus jamais le Logan qu'elle avait jadis connue, qu'il n'arrivait plus à se projeter dans l'avenir et qu'il ne faisait que vivre au jour le jour. Il était désolé de n'être ni passé, ni présent ni avenir et au fond de son être il aurait aimé voir Aeryn dans d'autres circonstances, dans des conditions plus propices. Logan repensait aux mots de la jeune femme, '' les gens changent'' et il en était le parfait exemple. Hélas, dans sa damnation il n'avait pas pu voir à quel point Aeryn avait changé, qu'elle avait perdu ce petit brin pétillant qui s'affichait du coin de l'oeil et pour ça aussi, il en était désolé.

Dans le monde sombre et sale qu'était celui de l'ex flic, Aeryn sonnait comme étant quelque chose qu'il ne fallait pas briser, ni froisser et il aurait aimé la voire fuir, prendre ses jambes à son cou, courir loin de lui et de ses malheurs. Hélas, Logan était un égoïste, un fichu égoïste qui avait besoin de se sentir protéger à cet instant, il voulait éloigner sa masse musculaire des ténèbres dans lesquels il s'était plongé et son amie était peut-être la seule issue. Pour ça aussi, il en était désolé. Elle lui tendait la main et d'un geste fébrile, pudique, Logan frôla les doigts de la jeune femme, laissant ses yeux fatigués se noyer dans ceux pétillants de la brune, il y cherchait la moindre lueur, lui rappelant à quel point elle le rendait heureux en le regardant. Lorsqu'ils étaient plus jeunes, qu'elle riait aux éclats lorsque Logan n'arrivait pas à comprendre les devoirs de Aeryn, elle avait longtemps été ce petit rayon de soleil pétillante, sa plus grande, sa meilleure amie. Jusqu'à ce qu'il ne disparaisse, allant sur le front, fusillant de pauvres gens. Ça aussi, ça l'avait longtemps hanté. « Aller viens, on va s'assoir quelque part, on va prendre une bonne bière et je te soignerai. Après ça tu repartiras chez toi et ce sera comme si tu m'avais jamais revu. Compris ? » Logan se redressa difficilement, la douleur musculaire qu'il ressentait dans toute la longueur de son dos le fit grogner comme un animal. Puis il serra la main de son amie. La voix rauques, la chemise mal mise, mal boutonné. Une véritable épave. «-J'ai pas envie de faire comme ci de rien n'était Aeryn. Mais, je comprends que tu ne veuilles pas voir une loque comme moi, alors ce sera comme tu veux. » Encore une fois, Logan n'arrivait pas à comprendre au travers les mots de Aeryn. Il n'arrivait pas à réaliser qu'il l'avait laissé seule, qu'elle n'avait rien, ni personne d'autre que lui à l'époque. Il croyait qu'elle était bien meilleure que lui qu'il était l'ombre au tableau que si tout allait de travers c'était de sa faute et dans le fond le père de famille n'avait pas tort.

Tandis qu'ils marchèrent en direction d'un banc public face à une petite supérette, Logan décida de briser ce silence morbide qui s'était installé entre eux. Il voulait connaître de nouveau Aeryn, la découvrir, la voir sourire comme avant. Sa main était toujours plongé dans la sienne et malgré la douleur qui lui brûlait chaque morceau de phalange, il trouvait ça agréable. Et il s'était surpris lui-même à penser qu'il aimerait simplement se nicher dans le creux de ses bras et de pleurer comme un enfant. Ce constat le fit sourire, bien que ce sourire était plus proche de la grimace douloureuse qu'autre chose. «-Tu m'en veux Aeryn ? Pour avoir été appelé sur le front ? Parce que si c'est ça...sache que la vie me la bien fait payer. » Une certaine amertume dans l'intonation de la voix du père de famille, puis il fit désigna de la tête un banc vide. Puis il laissa tomber lourdement sa carcasse vide sur ce dernier. Relevant son regard en direction de la jeune femme, il croisa ses mains abîmées l'une dans l'autre. L'air pensif. «-Je sais pas quoi te dire Aeryn. Juste que je suis tellement heureux de te revoir et que j'ai pas envie de faire semblant de ne pas t'avoir vu. J'ai envie de connaître la Aeryn d'aujourd'hui...parce que... » Logan laissa son visage basculer en arrière, dans un geste brutale, il lécha sa lèvre inférieur, son regard plongeait dans le ciel étoilé que lui offrait la nuit. «-Je suis un égoïste. » Oui. Il était l'égoïste qui avait besoin de sa famille, qui mourrait de peur de perdre son meilleur ami et qui avait ce besoin constant d'être entouré pour ne pas sombrer. Il savait qu'il n'avait pas le droit de lui imposer ça, mais c'était plus fort que lui et son coeur, sa souffrance parlaient plus vite que sa conscience. «-Alors, si tu veux partir, fait le maintenant. » Maintenant ou jamais. Parce qu'il avait beau nier, Aeryn avait longtemps été ce petit bout de femme pétillante qui l'avait gardé en vie. Elle avait su lui montrer à quel point la vie pouvait être belle si on prenait le temps de s'attarder sur les petites choses. Le visage de Logan fit le chemin inverse, ses prunelles azurs, déterminés s'ancrèrent dans celles de Aeryn tandis que ses boucles brunes tombaient légèrement sur son front, dansant au rythme du vent.
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MessageSujet: Re: Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne.

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Aeryn ☼ Les choses ont l'importance qu'on leur donne.

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